Par Vaselise,
mercredi 16 janvier 2008 à 20:59 ::Net
Sufjan Stevens - Chicago
Le Ex Tree ayant suscité tour à tour émerveillement, fascination, jalousie, hystérie des très nombreux commentateurs et lecteurs de ce blog, et comme je suis d'une générosité incroyable, que je crois en la démocratie, au droit de chacun de piquer les idées des autres, et bien je vous offre la possibilité incroyable de créer votre propre Le Ex Tree.
Ci-dessous, les outils indispensable à Le Ex Tree.
Le splendide bout de bambou, bien mieux qu'un vulgaire légo, vous permettra de construire du tronc jusqu'à la plus fine branche votre arbre.
La feuille représentant un Ex à laquelle vous pouvez ajouter une petite icône de votre choix:
Et parce que un morceau de bambou, c'est sympa, mais bon, vous avez peut-être plus d'une feuille à mettre sur votre arbre, et êtes aussi une vraie feignasse, voilà la branche bambou pour vous servir!!
Allez, hop, je lance la chaîne de Le Ex Tree! (ma première... quelle émotion)
Et plus précisément, je la donne à Messieurs Eustazio et DPC. Puis aussi à Sieur Procellus, mais je suis pas bien sûre qu'il me lise.
C'est bien comme ça qu'on fait une chaîne, nan? Nan?
Ô combien rare lecteur de ce blog, je suis bien consciente de ton intelligence et de ta mémoire extraordinaire, et je n'oserais te proposer mon aide pour te guider dans la chronologie de La Dynastie des Ex. Seulement voilà, il se trouve que je ne suis pas à ta hauteur, mes souvenirs concernant les anciens Ex semblant s'évaporer (et non, il n'est pas du tout question de mémoire sélective) au fil de 15.6 millième de secondes.
Heureusement pour moi, depuis des générations, des moines cloitrés dans leur chambre avec la super Nintendo comme unique divertissement donnent leur vie pour consigner les informations des différents souverains de Mapompecardiovasculaire par écrit, dans Le Cahier Des Ex. Grâce à cet écrit divin, j'ai pu constitué avec un unique morceau de bambou Le Ex Tree.
Le principe est simple: les Exs préhistoriques se situent tout en bas, alors que les récents risquent de se fracturer le crâne de beaucoup plus haut. A chaque Ex correspond une petite icône représentant jusqu'au moindre détail sa psychologie et pour qu'ils se sentent moins seuls, ils sont regroupés en grappe par famille. Seulement voilà, les moines ont aussi droit à des RTT de temps en temps pour aller expérimenter la Wii, et de cela découle quelques absences de données sur les Exs; ces pauvres lésés seront donc représentés par Super Poney: . De toute manière, ils peuvent s'estimer heureux d'être représentés par la star des bovidés, leur psychologie ne devait pas être aussi développée que la sienne.
La pensée engendra plein de techniques toutes plus utiles que celle consistant à cligner des yeux très fort pendant 20 secondes avant de fermer les paupières afin de voir des lumières partout. Il en découla (un peu comme de la boue sortant d'un robinet) même à un moment donné l'Art, d'abord utilisé dans les scènes de la vie quotidienne, pour peindre le mammouth dont la peau avait permis à grand maman de faire des chaussons à toute la tribu, ou pour que les chanteurs de musique française nous racontent comment c'est excitant d'acheter du fromage blanc à Auchan. Puis, par un tragique accident mêlant son âme sœur Médor et un os trop pointu, l'homme commença à honorer la mémoire du défunt et à prier pour que son Dieu indique le bon trou aux os que pourrait ingurgiter son nouveau toutou. Comme l'homme avait bien compris la notion de troc, que rien n'est gratuit et qu'il faut travailler plus pour gagner plus, il offrit diverses choses à Dieu pour épargner la tragique fin à son compagnon: surtout des denrées alimentaires et en particuliers des chats parce que c'était pas très bon et quand plus ça griffe. Seulement, Dieu ne parut pas beaucoup apprécier puisque Médor IIIème commença son règne. Alors l'homme essaya autre chose, offrir un peu d'Art à Dieu: des statuettes, des bonhommes patates dessinés au fusain, des concertos pour crissement de cornes de Narval sur le parquet de la grotte, tout était bon pour tenter de satisfaire Dieu. Mis à part les amateurs de Tokio Hotel qui auraient hurlé leur amour au Narval, la majorité, atteinte de terribles migraines avec tout ce tintouin, décida de développer quelques techniques pour se rapprocher un peu de Dieu et éviter d'inventer trop tôt l'aspirine: de l'aquarelle pour peinturlurer des fleurs sur des toiles en passant par le blanco pour en mettre plein les tables de cours à l'ogre de barbarie qu'on ne sait toujours pas très bien à quoi il sert, Dieu ne broncha pas et cela incita l'homme à continuer sur cette voie. Evidemment, l'Art connut des hauts et des Abba. Parfois, il semble atteindre des sommets, comme avec "Between the Bars" de Elliott Smith; la beauté de cette chanson en est pour beaucoup dans l'utilisation d'une technique simple, mais efficace qui ne sert finalement qu'à exprimer un mélange de sentiments. La technique dépourvue d'objectifs, utilisée simplement pour elle-même n'a, pour moi dans tous les cas, aucun sens et donne des "Kid A" de Radiohead, incompréhensibles, alors que le même groupe peut produire des "I Will", où la technique bien que présente, est plus voilée et n'est pas le sujet principal du morceau. Une technique maîtrisée seule ne suffit pas, il faut qu'elle se sublime à l'Art qu'elle sert pour aider l'homme dans sa quête de barbe blanche et divinité.
Donc oui, avec la technique, l'Art est devenu un peu plus subtil et moins brut de décoffrage qu'une tête de sanglier accrochée au dessus de la cheminée.
Après, est ce que cela rapproche l'homme de Dieu, lui permet d'accéder au bonheur, de ne plus désirer ou du moins de contrôler ses désirs? Rechercher ainsi à se libérer de sa condition humaine et à s'élever le plonge plutôt dans une perpétuelle réflexion sur lui-même et sa position par rapport à Autrui, à Dieu, et peut être même dans l'alcoolisme. La technique peut apporter à l'homme une compensation de son état d'être diminué, mais pourra-t-elle jamais le combler? Par exemple, prenons un homme d'une quarantaine d'années, vieilli par des décennies passées devant un écran d'ordinateur, à porter des chaussures croassantes et des cravates, et des trous de golf bien remplis. Le soir, il arrive exténué chez lui, mais ne doit pas s'arrêter là car il y a le devoir conjugal à remplir tout de même. Si il se contentait de son pauvre corps de quadragénaire pour satisfaire sa belle ou son beau, il se retrouverait bien vite sans personne à qui parler du déca qu'il a pris au boulot avec Bidochon, "tu sais, le gros lourdau qui est si drôle" au repas du soir. Mais heureusement, la technique est là pour compenser ses faiblesses physiques! Bien-sûr, la technologie de la pilule bleue peut aider. La technique du cunnilingus peut également être très appréciée, et à défaut de satisfaire l'homme qui la pratique, comblera la femme qui la reçoit.
La technique, au départ développée dans un unique but de compensation, peut très vite gagner en ampleur et ambition, jusqu'à octroyer à l'homme qui la pratique un statut supérieur à celui mieux doté par la nature mais qui est incapable de l'utiliser correctement. En effet, ce n'est pas parce que Rocco Siffredi est bâti comme un taureau qu'il saura satisfaire son troupeau de vaches, un minimum de technique est requis pour cela.
Eh bien voilà, au cours de cette dissertation, j'ai pu développé la technique du noyé de poisson dans de l'huile avariée. Mais pas que, puisque j'ai démontré, et si vous n'êtes pas convaincu, je ne peux rien pour vous (quoi que le LSD fasse des miracles) que la technique libérait l'homme de son état d'animal assouvissant ses besoins primaires par compensation, qu'il voulait jouer les Iznogoud et piquer la place du Calife du paradis, mais que la technique, même si très performante, ne pouvait lui accorder le pouvoir d'écouter de la lyre sur des nuages. Tout cela me libérera-t-il une note supérieure à la moyenne?
Par Vaselise,
samedi 12 janvier 2008 à 00:32 ::Fût-il
Elliott Smith - Between the Bars
Kassesucette, ma soeur, est en terminale. Ouais, c'est une grande, même que quand elle aura 18 ans, elle dira "non" à mes parents quand ils lui demanderont si elle veut des haricots verts. En attendant, je lui propose mon aide pour ses disserts de philo. Faut dire que, de mon temps, j'avais des annotations incroyables sur mes disserts, et j'aimerais savoir si je peux encore prétendre au 2,5 (sur 20 bien-sûr) réarrangé en 4 accompagné de "Réflexion vide et creuse". J'ai quand même un titre à défendre. Voilà donc ma proposition de dissert sur "La technique libère-t-elle l'homme?". Oui, c'est intense.
La Tecktonik libère-t-elle l'homme?
A priori, à part libérer la testostérone d'ados pré pubères engendrant une réaction en chaîne incontrôlable mêlant bras, cheveux gélatinés, et bourrée, la Tecktonik provoque surtout un irrépressible sourire que l'on voudrait plus en coin au lieu de s'épanouir sur toute la face, et des sourcils très joliment arqués en accent circonflexes.
Ah, le stylo rouge menace d'un HS majestueux? Ouf, l'encre hésite à couler, j'en profite pour relire le sujet.
D'accord.
La technique libère-t-elle l'homme? Hum, la confusion était facile. Ca m'arrange, faire plus de quatre lignes sur des poulets se dandinant en tâtant leur crêtes imaginaires aurait été comme la non évocation de Carla Bruni, Laure Manaudou ou du pouvoir d'achat aux infos: tout simplement impossible.
Bien bien bien. J'ai assez piétiné devant le ravin, il est grand temps d'apprendre la technique de la pierre en chute libre qui n'amasse pas mousse. Zou, je me lance, argumentation, exemple, contre argument, telle la guerre des Etoiles mais sans Dark Vidordure, je vais essayer de rendre au mieux les effets "Vousch, vvVVVvvvVVVooooouuuushhhhhHHHhhhhh" des sabres lasers et de faire gagner le gentil aussi à la fin.
Ah, oui, ça c'était l'introduction.
Commençons par le début. L'homme, entendu comme être humain et non pas comme résultat de la recherche Google donnant l'Homme vu par Dior (google anglais évidemment; google France est teeeeeeellement démodé très cher) est distingué des autres espèces de part sa culture, son art, ses travaux abstraits et intellectuels, et évidemment les politiques de civilisations qu'il a pu construire, détruire, empiler, décortiquer. C'est pratique d'ailleurs avec ces politiques de civilisations, vu que personne ne sait ce que c'est, on peut faire n'importe quoi avec: "Tiens, et si ce soir je me politisais civilement le cuir chevelu?". Bref, donc, l'homme se singularise par son incomparable manière de porter le cuir, de décapsuler des bières avec ses dents, de choisir de manger des brocolis pour être en bonne santé bien qu'il ait la boîte de Pyrénéens à portée de main, mais surtout, surtout, je vous le donne en mille, par sa TECHNOLOGIE!! Et la technologie est bien-sûr la science des techniques, l'étude des arts mécaniques et des procédés et des sciences appliquées. Je vous sens sceptique; un exemple devrait être suffisamment efficace pour vous faire adhérer à mon propos (ça vaut bien un double effet "Vousch" avec salto arrière).
Considérons un homme nu encore intact avec tous ses petits membres attachés à son corps, dans un environnement stérile. Plaçons un tigre à dents de sabres à ses côtés (j'aurais été lui, j'aurais quand même préféré la céramique; les sabres ça rouille quand même.): eh bien il ne va pas y rester longtemps. Deux solutions se présentent pour l'homme: partager les sucs gastriques du tigre avec l'ancêtre de la poule dévoré quelques minutes plus tôt, courir, ou cueillir un bazooka dans un bazookailler. Oui, ça fait potentiellement trois options, mais vous conviendrez que l'on peut très facilement associer la deuxième à la première. Et aussi perspicace que Derrick dans le 324ème épisode, vous vous dites que la dernière solution n'est pas valable: vous avez bien raison, parce que les bazookas ça ne pousse pas sur les bazookaillers petit malin!! Même si M. Bush aimerait bien. Donc, l'homme, pour se libérer de sa condition d'animal trop facilement dégluti a du trouver des armes compensant ses petites canines et ses ongles retournables comme des gants. Cela a commencé avec le silex, puis fut rapidement créé le couteau suisse de MacGyver, et quelques heures plus tard, le bazooka sus mentionné était né, et tout ça, pas grâce aux plantations de l'oncle Tom, non non, mais bien avec les moultes techniques développées par l'Homo Sapiens Sapiens au fil des siècles et avec ses petites minettes.
Alors, merci qui pour la libération de l'homme de sa condition animale? Merci la technique!
Du carrelage, du sang, du mauvais gout, oui, c'est bien ici. Après, il faut espérer que le contenu de ce blog soit à la rougeur de toute cette hémoglobine.
Pour fêter l'ouverture de ce blog, j'aurais bien égorgé un chaton, ou sacrifié Renan Luce, ce qui, en somme, revient au même, mais je préfère vous promettre des fautes d'orthographe attire Larry le Gros dans leS prochaineS noteS.
Si vos vieux yeux n'arrivent pas à déchiffrer la petitesse de la police, ben c'est pas de ma faute, fallait qu'à pas avoir le même âge que ma mère. C'est le seul moyen pour qu'elle ne lise pas ce blog. Pour toutes autres suggestions concernant l'apparence, le contenu, ou pour me féliciter (j'accepte les chocolats), les commentaires sont aussi ici, et vous appartiennent, à vous qui n'êtes pas des spams.
Par Vaselise,
mercredi 12 décembre 2007 à 12:31 ::Fût-il
Patrick Watson - Weight of the World
Les chaussures de fille, ça sert à rien. Enfin, si, à avoir froid aux pieds tant ces espèces de ballerines sont ouvertes à tout: que ce soit pluie, grêle, grenouilles, aucune discrimination, elles acceptent, z'avez qu'à envoyer. Et histoire que vos petons ne soient pas les seuls à être humides et gelés, hop, une ptite glissade sur semelle lisse et le problème est réglé, votre fond de pantalon partage lui aussi un taux d'humidité frôlant celui du lit de votre petit cousin de 4 ans.
Tout ça gâche un peu l'effet tant recherché de "jeune fille frêle ne demandant qu'à être aidée par un grand mâle virile" de la stagiaire lors de son premier jour.
Sans oublier l'élastique de derrière se prenant pour un jeune chaton allergène essayant de faire ses griffes sur votre chair. Et les ampoules.
Bref, les chaussures de fille, c'est le mal incarné.
Telle était mon opinion avant-hier, avant la Révélation.
Elle m'apparut pourtant sous la forme la plus démoniaque jamais imaginée: deux moustiques affamés de mon sang. Faut dire, je les comprends un peu, un sang nourri aux mini Twix et Prince, c'est appétissant. Alors que j'étais au téléphone, conversant joyeusement de la prochaine famine au Zambakaroumba en dégustant une tablette de Tablerone, la première attaque survint. Tel Jean Claude Van Damne, je déduisis des vibrations de l'air m'entourant la descente en piqué de mon premier ennemi, et réussis à me rendre immatérielle et me faire traverser par Moskito 1 qui s'en trouva fort dépourvu quand la bise provenant de ma chaussure de fille fut venue l'écraser en un puissant "sploutch" sur ma tapisserie (Ô, Dieu Cautionneux, je t'en pries, sois aveugle à ces toutes petites et très peu nombreuses tâches!).
Serait-ce le hasard qui ait placé cette arme destructrice dans ma main dans un moment où l'imminence du danger était oppressant? Le doute m'assaillit, mais pas autant que Moskito 2, la revanche ailée. Véritable grizzli de la savane, d'un mouvement vertical, je découpai ce prédateur en fines lamelles, et le servit avec des carottes à mes chaussures de filles ayant œuvré à sauver l'univers.
Ouais, j'ai acheté les chaussures de Xéna la guerrière!
Chouquette, grand numéro 26 dont le règne ne présage pour l'instant aucune décapitation prochaine, fait la moue, dubitatif. Mon haleine kronembourgeoise en est peut-être pour quelque chose.
"Est-ce que la mère Castor elle est interrompue quand elle raconte ses démêlées de queues avec le Père? Hein? Et c'est toi qui veut absolument savoir comment tout a commencé, nan?"
Soupir vain de Chouquette.
"Bon, c'est bien ce que je pensais. Alors on se tait, et on écoute.", dis-je, l'index planant au dessous du nez de Chouquette selon une trajectoire aléatoire. "Pfff, jvous jure, vivement la réinstauration de la règle en fer dans les écoles.".
"Alors, voilà, en sixième, où j'eus la chance de m'instruire notamment au jeu de l'alphabet à coups de brûlures sur le dos de la main, à lancer des chiques mais pas à la fabrication du célèbre lance-chiques qui fut toujours hors de ma portée, dans ma classe, il y avait des garçons. Oui oui, je tue le suspense tant ça commence sur les chapeaux de blonds vénitiens.
Un beau jour de printemps où l'on aurait pu entendre les oiseaux chanter si seulement il y avait eu des arbres dans la cour, alors que je discutais politique avec mes collègues délégués de classe sur l'éternel débat "Doit-on introduire des couverts en plastique pour la cantine en prévention d'ados suicidaires, dépressifs, gothiques en quête de scarification, d'ados quoi?" pendant la grande récré, un être suprême de cinquième s'approcha de moi. A cette époque, je compensais mon absence de magnifiques lunettes par une vue parfaite - oui, que veux-tu, j'étais jeune - et je pus donc admirer ses magnifiques yeux verts. Et même sa bouche remuer:
"Vaselise, c'est ça?"
Je souris découvris mes dents: quand on a pas de fils de fer dans les dents au collège, on en profite. Vive la concurrence déloyale.
"Tu peux m'appeler Vase.
- Jveux t'dire quelque chose, tu viens?"
Sous les yeux de mes congénères boutonneux débutants de sixième, je déambulais dans la cour avec ce demi-dieu qui était de surcroît un redoublant.
"Tu connais Galette Taon?
- Oui oui.
- Il est dans ta classe, non?
- Oui oui.
- C'est un super pote à moi, tu le trouves sympa?
- Oui oui.
- Et en plus, il est pas mal, hein?
- Oui oui.
- Alors, tu veux bien sortir avec lui?
- Oui oui. Euh, attends, nan mais nan, c'est juste un copain! Et en plus il est dans ma classe!
A cette époque, j'avais déjà des principes.
- Alléééééééééééééééé, steuplaîîîîîîîîîîîîîîîîîîîîîîîîîîît, pour me faire plaisiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir.
- Meuh non, jveux pas.
Et aussi de l'intégrité.
- Alléééééééééééééééééééééééé.
Commença un terrible combat entre ses cils battant la charade et ma volonté. Qui se termina par un KO.
- Mais quand mêmeuh… Bon, euh, d'accord.
- Super!
Et comme par désenchantement, 3.45 secondes plus tard, Galette Taon et moi nous retrouvions encerclés et presque étouffés par notre classe. Le second de la classe côtoyait même le troisième pour ce grand évènement; il s'en fallait de peu pour qu'ils se mettent tous à faire la ronde.
" LE PATIN! LE PATIN! LE PATIN!"
Notre prof de musique fut épatée de l'harmonie avec laquelle ils scandaient ce mot quand elle passa à côté de notre groupe. Comme le reste des profs sortant de la cantine d'ailleurs. Il est bien connu que les profs ne se déplacent qu'en troupeau afin que seuls les plus faibles d'entre eux soient dévorés par les élèves. Ma mère, au beau milieu de sa meute, n'en goba que quelques mouches avant de reprendre sa discussion avec la prof de dessin toxico.
Par réflexe génétique, j'ouvris la bouche dans l'espoir de capturer moi aussi quelques moustiques. Et c'est ce moment que choisit mon cher et tendre Galette Taon pour m'enfourner sa langue et farfouiller les recoins de mes amygdales. Que j'aurais aimé à cet instant avoir un appareil dentaire pour qu'il s'y déchire la langue.
Après quelques applaudissements saluant la durée du dit patin, la foule se dispersa. Et moi avec.
"Désolée, j'ai orchestre, je suis déjà en retard, faut que j'y aille, j'y suis trop indispensable, je fuis pas du tout, à tout à l'heure pour le cours de géo, oublies pas tes crayons de couleur pour dessiner la carte."
Déjà trop cool et populaire, comment aurais-je pu ne pas faire partie du célèbre orchestre du collège? Même que j'étais première flûte à bec soprano solo.
J'y retrouvais Elfrise, également 1ère flûte soprano, avec laquelle je partageais mon pupitre.
"Hey! Joli patin dis-moi! Contente?
- Mouarf, mrbof. J'ai pas connu mieux mais j'espère que ce ne sera bientôt plus le cas.
- Mais tu l'aimes?
- Euh, ben non.
- Ah.
- Pourquoi, il t'intéresse?
- Meuh, nan, presque pas. Un peu quand même.
- Bon, ben, alors, dès qu'on sort de l'orchestre, t'auras qu'à aller casser pour moi, comme ça t'auras une occasion de le draguer, d'acc?
- D'acc!"
Une heure plus tard, dès qu'on finit de torturer les tympans de la prof de musique, Elfrise courut vers Galette Taon pour lui annoncer la cessation de toute activité linguale. 10 secondes plus tard, elle revint me voir:
"Voilà, c'est fait.
- Yiha!! Je suis liiiiiiiibre!!!"
Et voilà, Galette Taon fut le premier à me faire découvrir les joies du célibat, et tout ça en 1h20."